Le progressisme : trois siècles de compromissions ?

Pourquoi le progressisme montre-t-il, depuis sa naissance et quel que soit le contenu de ses idées, une si paradoxale tendance à se compromettre avec les tyrannies apparemment les plus opposées à ses idéaux profonds ?

Nous autres, civilisations…

Le deuxième article a étudié le « biais de labellisation », qui empêche d’accorder de la considération aux souffrances des personnes. Celui-ci se propose d’étudier l’aveuglement face aux dangers encourus par l’équilibre social, la société dans son ensemble. Cet aveuglement s’explique par trois grands biais.

La souffrance labellisée

Nous affirmions, dans l’article précédent, que le discours public contemporain était marqué par l’incapacité à compatir aux souffrances des personnes n’appartenant à aucun groupe reconnu. Nuançons : la compassion individuelle est permise, en réaction à des « faits divers » mais la compassion « politique », intégrée à une réflexion sociale et justifiant une réaction politique, dépend de l’appartenance à un groupe labellisé.

Le Privilège d’amalgame

Se dégage ce que l’on pourrait appeler un privilège d’amalgame : l’idéologie dominante peut verrouiller le débat, en déterminant quels faits sont significatifs et lesquels ne le sont pas, sans lien avec la pertinence statistique de leur généralisation.