La violence à la légère

La récente surenchère de revendications des nouveaux mouvements prétendument « antiracistes » et la soumission effarante de nombreux acteurs publics et privés face à la violence de leurs actions ont quelque chose de rassurant : les masques tombent. S’il est difficile de réagir à une subversion progressive, cette accélération de l’histoire est plus visible et devrait permettre aux civilisations occidentales de se défendre.

Il semble pourtant que nous prenions encore à la légère cette violence. Récemment, le New-York Times justifia de cette manière sa décision d’écrire « Noir » avec une majuscule (comme les peuples) mais « blanc » avec une minuscule : « Les groupes de haine et les tenants de la suprématie blanche ont longtemps favorisé le style des majuscules, ce qui en soit est une raison de l’éviter ». [1] Encore aujourd’hui, alors même que des magasins sont pillés et des statues détruites à l’initiative de groupes d’extrême gauche devant une police impuissante, seuls les groupes « d’extrême droite » semblent ainsi faire peur.

Nous publierons prochainement une série d’articles analysant les causes profondes de l’échec de l’antiracisme. Aucun argument ne sera cependant efficace, tant que la perception des événements par l’Occident sera embuée du romantisme révolutionnaire qui lui a fait tour à tour aduler Staline et Mao Tse-Tung : c’est notre imagination, qu’il nous faut d’abord guérir. Nous présenterons donc deux scènes. L’une illustre ce que vit aujourd’hui l’Occident, l’autre ce qu’a vécu la Chine sous la Révolution Culturelle. La ressemblance, nous l’espérons, marquera le lecteur et le convaincra de ne pas prendre la violence actuelle à la légère : elle a déjà eu lieu, pour le pire.

Les méthodes des nouveaux mouvements anti-universalistes : la violence contre la raison

Evergreen est une université américaine, connue depuis longtemps pour son positionnement progressiste. Ses demandes d’inscription ont subitement chuté de 2017 à 2019, après qu’un groupe d’étudiants « intersectionnels » a pris le pouvoir par la violence sur une administration totalement incapable de réagir. L’extrait d’une minute et demi qui nous importe ici est tiré de la vidéo du youtubeur « Sanglier Sympa », qui résume ces événements.

On y voit le professeur Bret Weinstein tenter d’expliquer, à la foule des militants qui exigent sa démission, en quoi le fait d’exclure les élèves blancs du campus pendant une journée est une mesure raciste. La foule surexcitée, qui encercle le professeur, lui pose des questions auxquelles elle l’empêche de répondre. Plus tard, il subira une véritable chasse à l’homme et la police lui demandera de ne pas se rendre sur le campus car elle y sera incapable d’assurer sa sécurité.

Émission passionnante, accessible aux francophones, sur l’effondrement de l’université d’Evergreen
Extrait évoqué ici : de 21:20 à 22:42, éventuellement jusqu’à 24:27

La scène présentée dans l’extrait et que nous proposons à nos lecteurs de regarder avant de continuer la lecture est digne d’un tribunal révolutionnaire et ressemble à s’y méprendre à la scène de lynchage d’un professeur de physique lors de la Révolution Culturelle maoïste, qui ouvre Le Problème à trois corps de Liu Cixin : même impatience, même haine de la raison, même jubilation primitive dans le lynchage. Au moins une différence tout de même : chez nous, aujourd’hui, celui qui tente de réfléchir n’est pas battu à mort. Pas encore.

Précédent historique : le lynchage des intellectuels lors de la Révolution Culturelle

Le Problème à trois corps, de Liu Cixin
Premier tome d’une trilogie à la précision scientifique et à la finesse sociologique et psychologique remarquables

« Ne perdons pas de temps en palabres, Professeur Ye, répondez à la question suivante : de 1962 à 1965, lors de vos cours d’introduction à la physique, avez-vous, oui ou non, donné sans permission un grand nombre d’informations sur la théorie de la relativité ?

– La théorie de la relativité est un principe de base des sciences physiques, comment pourrais-je ne pas en avoir parlé durant mes cours de physique fondamentale ? répondit Ye Zhetai.

– Menteur ! hurla une jeune garde rouge à côté de lui. Einstein était un représentant de l’Autorité académique réactionnaire ! Et, comme les mauvais esprits se rencontrent, il est parti fabriquer la bombe atomique pour les impérialistes américains ! Si nous voulons fonder une science véritablement révolutionnaire, il nous faut d’abord mettre à bas le pavillon noir de la théorie de la relativité qui représente les intérêts de la classe bourgeoise !

[…]

« – Est-ce la philosophie qui doit guider l’expérience ou l’expérience qui doit guider la philosophie ? l’interrogea Ye Zhetai ?

Cette soudaine contre-attaque plongea un moment ses accusateurs dans l’embarras.

– C’est bien entendu la juste philosophie marxiste, qui doit diriger les expériences scientifiques ! lança un garde rouge.

– Cela revient donc à dire que cette prétendue ‘philosophie’ tombe du ciel. C’est donc remettre en cause l’idée que les connaissances véritables proviennent de la pratique, ce qui – soit dit en passant – va précisément à contre-courant des principes marxistes de la connaissance du monde naturel.

« Ni Shao Lin ni ses deux étudiants gardes rouges n’étaient en mesure de justifier convenablement ce paradoxe. Contrairement aux jeunes collégiens gardes rouges, ils ne pouvaient pas riposter en faisant fi de toute logique. Mais ce n’était pas le cas des quatre jeunes filles, persuadées que la révolution ne devait souffrir aucune attaque. La fille qui venait tout juste de fouetter Ye Zhetai lui asséna un nouveau coup de ceinture. Ce fut ensuite le tour des trois autres filles de le cingler de la même manière car, dès lors qu’un camarade faisait la révolution, on se devait d’être encore plus révolutionnaire, ou à tout le moins autant. Les deux garçons ne bronchèrent pas. S’ils étaient intervenus, on les aurait suspectés à leur tour d’être des contre-révolutionnaires.

« – Durant vos cours, vous avez également propagé la théorie du Big Bang, certainement la théorie scientifique la plus réactionnaire de l’univers ! dit un garde rouge en essayant de changer de sujet.

– Peut-être cette théorie sera-t-elle retoquée dans le futur mais les deux grandes découvertes astronomiques de notre siècle, la loi de Hubble et le fond diffus cosmologique, font du Big Bang la théorie la plus crédible de l’origine de l’univers.

– Foutaises ! s’égosilla Shao Lin, puis elle se lança dans un interminable réquisitoire contre la théorie du Big Bang [réquisitoire portant essentiellement, non sur la validité scientifique de la théorie, mais sur son caractère ‘réactionnaire’]

[…]

« Blessée dans son amour-propre, la garde rouge émit un jugement radical et sans appel, estimant qu’aucun discours ne pourrait jamais faire changer d’avis le dangereux ennemi qui se dressait devant elle. Armée de sa ceinture, elle se précipita sur lui, aussitôt imitée par ses trois comparses. […] Les boucles en laiton des larges ceintures s’abattirent sur lui comme un déluge. Ye Zhtetail finit par s’écrouler sur le sol. Enhardies par cette issue, les jeunes gardes rouges se jetèrent corps et âme dans ce glorieux combat, persuadées de lutter pour des idées, pour des idéaux, enivrées par la perspective de participer à une mission historique, fières de leur acte héroïque.

– Le président Mao nous enseigne de combattre par le verbe et non par la violence ! se décidèrent enfin à crier les deux étudiants de Ye Zhetai, et ils se précipitèrent pour écarter les quatre filles, devenues à moitié folles.

« Mais il était déjà trop tard, le physicien était allongé, immobile, sur le sol. Ses yeux à moitié clos semblaient fixer le filet de sang qui s’écoulait de son crâne. L’assistance, aussitôt gagnée par la folie, se figea un instant dans un silence de mort. La seule chose en mouvement était ce filet de sang, qui rampait en ondulant tel un serpent jusqu’au bord de l’estrade où il tombait, goutte à goutte et en rythme, dans un carton vide… »

(Liu Cixin, Le Problème à trois corps)

Le premier pas de l’imagination : se souvenir de ce que sont la barbarie et la violence

Rejet de la science, de la raison et du débat par le seul argument d’autorité idéologique, volonté de refonder la connaissance sur des préjugés idéologiques, surenchère de la violence pour prouver son adhésion aux valeurs de la révolution, capacité du cerveau humain à désactiver l’intelligence pour ne laisser place qu’à la haine et à la violence aveugles, nouvelles générations incontrôlables par les anciennes, qui les ont pourtant formées et qui ne maîtrisent plus le monstre qu’elles ont créé, bonne conscience, enfin, des barbares, persuadés que leur violence aveugle contribue à construire un monde meilleur.

Ce que nous vivons présente des traits communs avec des événements qui ont déjà eu lieu et nous ne voulons pas croire à la possibilité que ce qui est arrivé ensuite ailleurs se reproduise ici demain. Ce que l’observation des faits nous enseigne, le cœur refuse d’y croire : on minimise la violence que l’on observe et l’on conclut, contre toute évidence, que ça n’ira pas plus loin. Le premier travail est donc un travail d’imagination, pour prendre conscience de deux choses : la violence est grave et ses prémices actuelles ne sont pas anodines. Sans lui, la civilisation sombrera sous nos yeux et nous dirons, jusqu’à son dernier souffle : « Bah ! Ce n’est pas si grave ! ».


[1] Valeurs actuelles,  1er juillet 2020.

4 commentaires sur « La violence à la légère »

  1. Vous illustrez les excès de la révolution culturelle chinoise avec un extrait du ‘Problème des 3 corps’. Bon choix pour illustrer le fanatisme et la violence, et bien parallèle à la scène d’Evergreen College. Mais ça reste de la fiction. La révolution culturelle a atteint des niveaux dans l’horreur et violence qui glacent le sang.
    Je citerai des passages de l’ouvrage de Frank Dikötter: ‘The Cultural Revolution A People’s History 1962-1976’
    I. Dans les écoles et universités (p. 74)
    Pendant ce temps, les membres du Groupe de la Révolution culturelle firent leur tournée, rencontrant un groupe de gardes rouges après l’autre. Déjà le 28 juillet, Madame Mao était apparue à l’Université de Pékin, disant à la foule que « nous ne préconisons pas de battre les gens, mais qu’est-ce qu’il y a de si spécial à battre les gens après tout! » Elle a offert un autre aperçu: «  Lorsque de mauvaises personnes sont battues par de bonnes personnes, elles le méritent. Lorsque de bonnes personnes sont battues par de mauvaises personnes, le mérite revient aux bonnes personnes. Quand de bonnes personnes battent de bonnes personnes, c’est un malentendu qui doit être dissipé. D’autres encouragements sont venus le 13 août, alors qu’un rassemblement de masse était organisé au stade des travailleurs. Devant des dizaines de milliers d’étudiants, on fit défiler cinq citoyens ordinaires qui avaient menacé les gardes rouges quelques semaines auparavant sur une scène et ils furent dénoncés comme des «hooligans». Ils furent battus et fouettés avec des ceintures. Zhou Enlai et Wang Renzhong, présidant la réunion de lutte, ne firent aucune tentative pour arrêter la violence. Dans les jours suivants, une vague de terreur s’est répandue dans les écoles de Pékin. Au 101ème collège de Pékin, une institution prestigieuse où Mao et d’autres dirigeants centraux ont envoyé leurs enfants, plus de dix enseignants furent forcés de ramper sur un chemin pavé de braises de charbon jusqu’à ce que leurs genoux et leurs paumes soient brûlés. Au sixième collège de Pékin, en face de Zhongnanhai, les gardes rouges ont écrit «Vive la terreur rouge» sur le mur d’une salle d’interrogatoire. Plus tard, ils repeignirent le slogan avec le sang de leurs victimes. Mais la plus grande manifestation de soutien a eu lieu le 18 août, alors que plus d’un million de jeunes étudiants se sont déversés sur la place Tiananmen. […]. Lin Biao a prononcé un long discours, appelant les jeunes excités à détruire «toutes les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes des classes exploiteuses».
    Une vague de violence engouffra la capitale après le rassemblement sur la place Tiananmen. Au troisième collège pour filles de Beijing, le directeur fut battu à mort. La doyenne se pendit. Dans un autre collège près de l’Université normale de Pékin, le directeur reçut l’ordre de se tenir sous le soleil brûlant pendant que les gardes rouges versaient de l’eau bouillante sur lui. De nouvelles profondeurs dans l’horreur ont été atteintes dans un autre collège, celui-ci attaché au Collège des enseignants de Pékin, alors qu’une professeure de biologie a été frappée au sol, battue et traînée par les jambes à travers la porte d’entrée et dans les escaliers, sa tête se cognant le béton. Elle est décédée après avoir été tourmentée pendant plusieurs heures. Puis les autres professeurs, rassemblés comme autant de monstres et de démons, ont été forcés de se relayer et de battre son cadavre. Dans les écoles élémentaires, où les élèves n’avaient pas plus de treize ans, certains enseignants étaient obligés d’avaler des ongles et des excréments, d’autres avaient la tête rasée et étaient forcés de se gifler. Les gardes rouges se sont également retournés contre certains de leurs camarades de classe. Pendant des années, ils avaient nourri un profond ressentiment envers les étudiants issus de milieux familiaux défavorables qui avaient souvent de bons résultats, devant se fier à leurs notes plutôt qu’à leur statut pour réussir. À peine deux ans auparavant, le Président avait exprimé son opposition à un système éducatif qu’il considérait comme dangereusement méritocratique, exigeant que l’admission d’enfants issus de ‘familles exploiteuses’ soit limitée. Les Gardes rouges aspiraient désormais à un système de discrimination permanente. Ils étaient nés rouges, leurs ennemis noirs. Les étudiants issus de la ‘mauvaise’ classe sociale ont été enfermés, contraints de faire de gros travaux sur le campus, humiliés et parfois torturés à mort.

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  2. II. En province (pp. 176-177)
    Dans toute la province du Guangxi, pas moins de 80 000 personnes furent tuées cet été-là. La milice locale s’associa à l’armée pour traquer les présumés rebelles et les parias politiques. À Liujiang, certaines des victimes ont été décapitées en public, la tête exposée avec une affiche indiquant: «contre-révolutionnaire». Dans une commune populaire, où des rumeurs circulaient sur un complot contre-révolutionnaire imminent dans lequel les propriétaires terriens venaient réclamer leur terre, une soixantaine de personnes ont été escortées vers un champ abandonné et forcées de s’agenouiller avant qu’on leur écrase la tête à coups de marteau. Mais les pires violences eurent lieu à Wuxuan, une vieille ville de marché située au milieu des montagnes calcaires. Une rivière traverse la ville. Une longue volée de marches en dalles mène à sa rive, où de grandes roches plates ont été utilisées comme bloc de boucherie. Zhou Shi’an fut l’une des victimes. C’était un «mauvais élément» qui avait été condamné à sept ans de prison pour avoir volé un sac de riz pendant la grande famine de Mao. Il est rentré chez lui d’un camp de travail au milieu de la Révolution culturelle, au cours de laquelle son jeune frère avait dirigé une organisation rebelle. «Voici le frère aîné de Zhou Wei’an. Il veut venger son frère! cria l’un des persécuteurs. Son frère avait déjà été débité, sa tête et une de ses jambes exposées sur le marché. Maintenant vint le tour de Zhou Shi’an, alors que sa poitrine était ouverte avec un couteau de cinq pouces. Il était toujours vivant. Un patron local a extrait son cœur et son foie. D’autres villageois ont emboîté le pas, dépouillant la victime jusqu’aux os. Au total, plus de soixante-dix victimes ont été cannibalisées à Wuxuan. Il y avait une hiérarchie dans la consommation rituelle des ennemis de classe. Les dirigeants se régalaient du cœur et du foie, mélangés avec du porc et une pincée d’épices locales, tandis que les villageois ordinaires n’étaient autorisés qu’à picorer les bras et les cuisses des victimes. Après que plusieurs enseignants eurent été découpés dans un collège, une foule emporta des morceaux de chair dans des sacs dégoulinants de sang. Les élèves ont cuit la viande dans des casseroles, assis sur de petits barbecues en briques improvisés. Le directeur adjoint du comité révolutionnaire de l’école, qui supervisait la boucherie, fut par la suite expulsé du parti, mais restait fier de ses actions: «Du cannibalisme? C’était la chair du propriétaire! La chair de l’espion!» Une enquête ultérieure a répertorié toutes les manières dont des personnes avaient été tuées à Wuxuan, y compris ‘battues, noyées, fusillées, poignardées, traînées, démembrées, broyées et pendues.’

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  3. III. Parmi les minorités (pp. 190-191)
    En 1947, avec le soutien stratégique de Staline et de l’Armée rouge, le parti communiste avait réussi à prendre le contrôle de la région, proclamant la région autonome de Mongolie intérieure. Le Parti communiste chinois absorba des membres du Parti du peuple mongol, créé des années plus tôt par un Mongol formé par les Soviétiques nommé Ulanfu. Ulanfu, surnommé «le Khan Mongol», devint le chef de la province. Mais au lendemain de la grande famine de Mao, alors que l’ampleur de la dévastation causée par la collectivisation radicale devenait claire, il commença à se distancier du président, utilisant de termes durs pour condamner le Grand bond en avant lors de la Conférence des Sept Mille Cadres en janvier 1962. En Mongolie intérieure, il relâcha son contrôle sur les communes et contourné largement la campagne d’éducation socialiste menée par Liu Shaoqi. Alors que le slogan «N’oubliez jamais la lutte des classes» fait fureur, Ulanfu exprima des doutes sur l’existence même des différences de classe: «Dans l’esprit de la plupart des bergers, il n’y a pas de classes, et il est subjectif de les imposer. En juin 1966, il fut convoqué à Pékin pour six semaines de réunions exténuantes. Le 2 juillet, Liu Shaoqi et Deng Xiaoping se relayèrent pour accuser Ulanfu en termes sévères de tous les crimes imaginables, allant de «utiliser la production pour remplacer la lutte des classe», «promouvoir le fractionnement ethnique» et «établir un royaume indépendant» au «révisionnisme» et «s’opposer au président Mao». Ulanfu disparut subitement. Kang Sheng et Xie Fuzhi revisitèrent toute l’affaire au début de 1968, en lançant une campagne de terreur contre d’anciens membres du Parti populaire mongol, mis en place par Ulanfu dans les années 1930, qui étaient maintenant soupçonnés d’être des espions et des traîtres. La plupart de ses membres étaient des agriculteurs et des bergers mongols ordinaires, et ils ont porté le fardeau de la campagne. Des chambres de torture firent leur apparition dans toute la province, environ 800 000 personnes étant incarcérées, interrogées et dénoncées lors de réunions de masse. Les méthodes utilisées contre les victimes ont atteint les profondeurs de l’horreur, même selon les normes de la Révolution culturelle. Des langues ont été arrachées, des dents extraites avec des pinces, des yeux arrachés de leurs orbites, de la chair marquée au fer rouge. Des femmes ont été abusées sexuellement, leurs seins, leur ventre et le bas de leur corps brûlés avec des tisonniers chauffés au feu. Les hommes étaient fouettés dans le dos avec des fouets en cuir, la chair si déchirée que la colonne vertébrale était parfois exposée. Quelques personnes ont été brûlées vives. Bien que moins de 10% de la population soient des Mongols, ils ont constitué plus de 75% des victimes. Dans certaines régions, presque tous ont été arrêtés. […] De larges pans de l’élite mongole – cadres, gestionnaires, universitaires, techniciens – ont été liquidés. La langue mongole a été interdite de toutes les publications. Les estimés du nombre total de décès vont de 16 000 à 23 000. Cela ressemblait à un génocide.

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  4. Pour faire le lien avec un de vos billets ultérieurs https://unregardinquiet.com/2020/11/18/le-progressisme-trois-siecles-de-compromissions/, combien d’intellectuels occidentaux maoïstes ont cautionné, défendu ces horreurs sans nom, qui ont visé en premier lieu les intellectuels?

    On aurait aussi pu faire un parallèle entre l’abolition des quatre vieilleries de la révolution culturelle (https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_Vieilleries) que je mentionne dans mon premier extrait et la destruction des statues aux ÉU (plus seulement de généraux sudistes mais de Washington, Jefferson ou Lincoln) par les Éveillés de BLM/antifa

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