Respectez-moi, soumettez-vous !

Dans un précédent article, L’impérialisme objectif, nous affirmions l’existence de trois influences que l’islam en général exerce sur la psychologie de ses fidèles :
• L’intolérance : toute insoumission à l’islam est une provocation,
• La certitude constante d’être dans son bon droit : l’islam n’a pas de tort,
• La paranoïa, conséquence des deux premiers : il est des agressions partout où les hommes ne sont pas soumis à l’islam et tout le malheur des musulmans vient des incroyants.

Nous promettions un article à suivre pour justifier et préciser cette affirmation. La récente émotion, suscitée par la décision de BFM TV, le 11 septembre 2020, de promouvoir le livre de cuisine étudiante rédigé et présenté par une jeune femme voilée, nous donne l’occasion de préciser le premier point : pourquoi peut-on affirmer l’intolérance intrinsèque à l’islam, alors même que nous connaissons tous des musulmans tout à fait aimables et sincèrement tolérants ?

Se passer de procès d’intention

L’existence d’un projet de conquête islamique de l’Occident a fait l’objet de plusieurs analyses, dont celle d’Alexandre Del Valle, précisément intitulée Le Projet et mettant notamment en cause les Frères musulmans. Ces analyses sont extrêmement intéressantes et utiles mais insuffisantes, pour lutter contre cet impérialisme islamique, en raison de la répugnance (plutôt bienvenue, du reste) des Occidentaux à recourir aux procès d’intention : « Il existe bien sûr des intégristes qui sont en guerre contre l’Occident », accorde-t-on, avant d’objecter : « mais il ne faut pas confondre islam et islamisme, musulman et islamiste ». Ainsi a-t-on défendu, cette-fois encore, la jeune Imane, qui présentait un livre de cuisine tout en portant apparemment innocemment son voile :

Porter un voile en public, bien sûr, n’impose en soi rien à personne et nombre des partisans d’une plus grande « tolérance » vis-à-vis de la présence de l’islam dans l’espace public objectent ainsi à raison qu’on ne peut pas a priori supposer une intention maligne à quelqu’un sans preuve. Cela est vrai : confondre « islam » et « islamisme » est injuste concernant un individu : c’est risquer de l’accuser à tort ; c’est lui prêter, peut-être à tort, de mauvaises intentions. (Nous entendons ici « islam » comme l’exercice individuel de sa religion et « islamisme » comme la volonté active d’imposer cette religion à la société.)

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Un tweet partagé par la jeune imane

Il arrive bien souvent que ces procès d’intention se trouvent a posteriori justifiés. Ainsi a-t-on rapidement découvert que la jeune Imane avait fait, par son compte Twitter, la promotion du voile comme symbole séparatiste : « Le voile ne doit pas ressembler aux vêtements des mécréants ». Cependant, ces procès d’intention ne doivent pas constituer le cœur de l’argumentation contre la présence de l’islam dans l’espace public car cela serait injuste, d’une part, et inefficace, d’autre part, en raison de l’attachement louable des Français à la justice. La condamnation de la présence de l’islam dans l’espace public ne doit donc pas se fonder uniquement sur des considérations subjectives (mauvaises intentions supposées) mais surtout sur des considérations objectives (effet de ces comportements sur la société française, quelles que soient les intentions de ceux qui les adoptent).

Respectez-moi, soumettez-vous !

Pourquoi donc être absolument intolérant à la présence de l’islam dans l’espace public, en l’absence de preuve sur les mauvaises intentions de ses adeptes ? Parce que cette présence est dangereuse quelles que soient les intentions de ceux par qui elle passe. Chaque concession paraît évidemment anodine mais on constate que, à chacune d’elles, il se trouve tôt ou tard des musulmans pour en demander de nouvelles et repousser les frontières de ce qu’ils considèrent comme « islamophobe ». Chaque renoncement permet donc l’instauration progressive des normes sociales islamiques.

Ainsi, en Tunisie, par exemple, qui n’est pourtant pas un pays « islamiste », il est de fait interdit de manger en public durant le mois du Ramadan car, bien qu’aucune loi ne le stipule, cela est considéré comme un « outrage public à la pudeur » : un manque de respect. Coca-Cola, en 2018, s’est d’ailleurs plié, en un sens, à cette jurisprudence, en diffusant une publicité présentant de manière positive le fait de s’interdire de manger durant le mois du Ramadan, par solidarité avec les musulmans.

Nous soulignons ici le terme jurisprudence car il nous semble correspondre exactement au processus – volontaire ou involontaire, qu’importe ! – par lequel l’islam impose progressivement sa loi à la société : il ne demande jamais plus que du respect mais l’interprétation donnée au concept de « respect » glisse imperceptiblement. D’abord, il s’agit de ne pas injurier des individus, ce qui est légitimement condamnable. Puis injurier Mahomet devient condamnable en soi (cinq ans après les attentats de Charlie Hebdo, certains de ses soutiens se font déjà plus nuancés). Puis, comme cela est presque déjà le cas en France, être indisposé par la présence d’un voile islamique dans l’espace public est un manque de respect. Puis interdire aux mères de famille voilées d’accompagner des sorties scolaires. Puis, refuser d’adapter les menus des cantines scolaires aux exigence de l’islam. Puis, comme en Tunisie, manger en public : comprenez-les ! les musulmans souffrent de leur effort admirable pour tenir le jeûne : la moindre des choses n’est-elle pas d’éviter de les tenter ? Et cetera. Au Pakistan, Asia Bibi n’a pas été condamnée à mort, sous la pression de la foule, pour autre chose que pour son manque de respect : mais le respect de l’islam y a déjà un sens plus strict qu’en Tunisie ou en France. Le Pakistan est en avance sur nous.

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Manifestations au Pakistan exigeant la condamnation à mort d’Asia Bibi pour blasphème, 2018

Confondre islam et islamisme pour ne pas être injuste

Nous l’avons dit, Eric Naulleau, dans son Tweet, a raison : il est injuste de confondre « islam » et « islamisme » en jugeant des individus. Un musulman qui ne veut que pratiquer sa religion sans déranger personne n’est pas moralement coupable de déloyauté vis-à-vis de la société qui l’accueille. Quand bien même il la pratiquerait de façon trop voyante, peut-être le fait-il sans mauvaises intentions. Il serait donc injuste de l’accuser a priori d’« islamisme » au sens où nous l’avons défini plus haut.

C’est précisément pour ne pas commettre cette injustice envers des individus qu’il est nécessaire de mettre de côté les considérations subjectives sur les intentions supposées des musulmans. Nous avons expliqué en quoi la présence de l’islam était dangereuse en elle-même : l’observation des différentes sociétés musulmanes semble montrer qu’aucune concession n’est jamais assez importante à long terme pour satisfaire la demande de respect des musulmans. (« À long terme » est ici une précision capitale : chaque musulman peut, individuellement, être satisfait après l’octroi de concessions supplémentaires mais, comme nous l’évoquions dans notre article sur la fragilité des civilisations, une réflexion politique responsable ne peut pas faire l’impasse sur l’effet de la succession des générations.)

Ainsi la discussion se fait-elle plus apaisée, notamment avec des interlocuteurs musulmans. Il est incorrect, injuste, inefficace et vexant de les accuser de complicité ou de mauvaise foi : à juste titre, cela ne peut que les braquer, s’ils n’ont aucune intention cachée. Laissons donc de côté ces considérations désagréables et inutiles et expliquons simplement les dangers objectifs que font peser leurs revendications sur la société française : ce n’est pas contre vous, ne le prenez pas mal, nous ne pouvons céder sur rien.

2 commentaires sur « Respectez-moi, soumettez-vous ! »

    1. Je suis navré, je ne réponds pas aux questions personnelles.

      Néanmoins, je peux répondre plus largement. Le nombre de mes amis musulmans a peu d’importance car le raisonnement développé dans cet article ne repose pas sur mon expérience personnelle (cela aurait peu de valeur, puisque le texte est publié sous pseudonyme).

      Cela dit, il peut m’arriver d’affirmer des choses assez rapidement, pour privilégier la fluidité du raisonnement. Si vous avez des remarques sur certains passages de l’article qui vous semblent faux ou insuffisamment justifiés, je serai très heureux de les lire et d’y répondre.

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